Pourquoi les anciennes devraient-elles faire un retour sur leurs traces au Lycée ?

En 2008, lorsque j’étais encore en 4ème des humanités littéraires, une ancienne du Lycée devenue par la suite écrivaine a décidé de revenir organiser dans son école des ateliers de réflexion et d’écriture dans le cadre d’un court métrage réalisé sur son parcours et les traces qu’elle y a laissées.

Parallèlement à cela, l’objectif de ces ateliers était de donner aux jeunes adolescentes que nous étions, l’occasion de connaitre notre situation du moment pour pouvoir la coucher sur papier, de relater les souvenirs du passé d’où nous venions et de rêver grand à l’aide de nos doigts en nous poussant à écrire notre propre histoire avec des mots que nous aurions choisis nous-mêmes.

A travers des phrases comme « Il parait que » pour décrire le présent , « Je me souviens » pour le passé ou encore « Je rêve que » pour l’avenir, Marie Louise Mumbu que j’appelle affectueusement « Bibish » nous a appris qu’il était possible de poser soi-même les bases de son futur à travers la rédaction personnelle de mots agencés et choisis en conformité avec notre personnalité profonde.

Depuis lors, tout ce que j’écris en pleine conscience finit toujours par se réaliser d’une manière ou d’une autre et je n’ai fait qu’expérimenter au jour le jour la puissance que possède l’art de maitriser le verbe pour créer des mondes nouveaux et plus particulièrement une Afrique nouvellement Consciente de son rôle à jouer pour un avenir plus radieux de l’humanité. Depuis lors, l’art d’écrire tout ce qui me traverse l’esprit est devenu pour moi comme une baguette magique : tout se met lentement en place pour prendre vie à partir du moment où je l’ai couché sur papier, ça s’appelle la belle et naturelle magie de la vie.

C’est donc en pleine conscience que j’ai décidé qu’il était aussi venu pour moi le temps de faire avec mes petites sœurs ce que Bibish Mumbu a fait avec ma génération : revenir sur ses traces, échanger, parler, discuter, se souvenir ensemble, s’enrichir mutuellement afin d’inspirer nos entourages respectifs à rêver grand très tôt pour s’engager très jeune en vue d’un Congo meilleur et plus tard en vue d’un continent inébranlable et indivisible.

Ainsi donc, le six avril dernier, les lycéennes de la troisième, quatrième et cinquième années secondaire du Lycée Motema Mpiko, toutes options confondues, m’ont fait l’honneur de m’accorder leur écoute et attention afin de réfléchir plus sérieusement sur la situation de l’enseignement en RDC. Ce premier atelier de réflexion a porté sur le thème du 30 avril qui ,à notre humble avis, devrait davantage se focaliser sur l’amélioration de la qualité de l’enseignement et de l’éducation (contenus et conditions) autant pour les enseignants que pour les enseignés.

N’eut été la grande volonté de Bibish à revenir sur ses pas pour booster les petites plumes en devenir que nous étions, je ne serai probablement pas en train de mener ces actions en usant de la même stratégie qu’elle pour passer la flamme de l’écriture à d’autres. Si donc toutes les anciennes pouvaient revenir sur leurs traces comme Bibish jadis et moi présentement, je suis sure et certaine que l’on produirait plus que des têtes bien faites mais encore et surtout des femmes autonomes, audacieuses, courageuses, indépendantes, sures d’elles, qui n’ont pas peur de rêver grand en vue d’atteindre leur pleine féminité et par là leur plein épanouissement.

Lycéennement vôtre,

Kadili

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